Les Cycles du Clair-Obscur

Grandeur Nature au Centre du Québec
 
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 La route vers Cuotémoc

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Le Max

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MessageSujet: La route vers Cuotémoc   Sam 30 Avr - 1:16

Après des semaines à être trainé dans tout ce que ce bas monde à de plantes épineuses, rochers brûlants et marais fétides, la chose qui nous manque le plus n'est plus notre famille ou notre foyer...c'est l'eau, le sommeil, la nourriture. C'est étrange de constater combien il est facile de transformer un homme en bête, il sufit de le faire souffrir. C'est tellement simple que ça en paraît stupide. Pourtant, lorsque j'ose tourner la tête pour regarder les autres prisonniers derrière moi, je ne vois plus des hommes, je vois des agneaux appeurés, des loques humaines pour qui l'espoir est désormais un terme aussi vide que leurs estomacs.

Une douzaine...c'est le nombre de survivant qui reste de notre petite milice. Comme nous étions prétencieux de penser qu'une bande de paysans et d'artisants seraient capables de défendre leurs terres contre de tels sauvages. Les Khadjuïs nous ont eux pendant la nuit. On n'y voyait rien...J'ai reçu un coup sur la tête avant même d'entrevoir un seul ennemi. L'honneur ne semble pas avoir de sens dans ce combat. Seule la victoire leur importe...la victoire et nos vies. J'ai peine à croire ce que je vois aujourd'hui. Nos tortionnaires sont encore plus secs et faméliques que nous...et les habitants de Gris-Val sont loin d'être réputé pour leur corpulence. J'ai même cru apercevoir une femme enceinte parmis eux, son ventre encore modeste ne l'empêchant visiblement pas de prendre les armes. Comment font-ils ? Quels feu anime leurs coeurs pour mener à une telle violence ? Je retient ma nausée, de peur de perdre le peu de forces qu'il me reste. Deux prisonniers sont déjà tombés et on été trainés plus loin. Je ne veux même pas savoir ce qu'il advient d'eux. Je dois penser à moi maintenant...La tempête qui s'annonce nous a obligé à nous arrêter dans une grotte. Un peu de repos ne fera pas de mal...si seulement ils arrêtaient de me dévisager ainsi...Maudit soient-ils !

(Hors-RP : Réponse ouverte à tous ^^ )
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Eveline

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 2 Mai - 8:54

Dans les yeux des tortionnaires, un changement s'opéra au fil de leurs murmures. Les guerriers Khadjuïs deviennent un peu plus nerveux, incroyable mais vrai. Ceux qui sont assis se lèvent, ceux qui sont déjà debout serrent leurs armes contre eux sans s'en rendre compte. Le chef envoie une escorte à la rencontre d'un visiteur aperçu par ses éclaireurs, visiteur qui semble être la cause de l'émoi de ses hommes.
Après quelques minutes, où la nervosité atteint un état stable, une silhouette de femme encapuchonnée s'engouffre dans la caverne. Tout de suite, le chef se place devant elle. Il est évident qu'elle n'est pas vraiment bienvenue. Le chef hausse le ton et crache par terre. Plus sèche que lui, la femme éclate d'un rire franc, mais bref, et lance une réplique qui semble clouer le chef sur place. Elle le contourne sans en faire plus de cas. Elle se dirige vers les prisonniers d'un pas décidé.
Elle rabat son capuchon sur ses épaules. Elle a plusieurs cheveux blancs, la peaux sèche, mais pas de rides, sinon quelques pattes d'oies aux coins des yeux. Elle semble plus vielle qu'aucun autre Khadjuïs présent dans la grotte, mais reste jeune par sa droiture et son regard. Elle s'agenouille, sort un sac difforme de sous sa cape et annonce d'un ton incroyablement neutre, vu tous les regards haineux tournés vers elle:


-Je suis ici pour vous prodiguer des soins. Ne vous faites pas trop d'illusions. Je n'ai pas d'eau ni de pain, que des sérums qui vous permettrons d'arriver en vie à destination, relativement vigoureux. Vous continuerez de dépérir, mais vous sentirez un peu moins la faim. Ce sont les consignes qu'on m'a données, dit-elle en haussant le niveau de sa voix pour que les Khadjuïs comprennent eux aussi.

Elle fait une pause, regarde ses "patients" avec, au fond des yeux, un furtif éclair d'émotion indéchiffrable. Elle met les mains sur ses genoux, paumes ouvertes vers le ciel en une tentative de sembler accueillante. Elle ajoute, sur le même ton d'indifférence incroyable :


-Je vous conseils d'être volontaires, sinon je devrai faire appel à vos gardiens...
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Le Max

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 2 Mai - 11:53

Lorsque apparue la nouvelle venue, ou devrais-je plutôt dire «l'intruse» à voir les réactions de nos gardiens, je ne savais trop quoi penser. Était-elle seulement de Khadju ? Chose certaine, elle ne semblait pas très heureuse d'être là, ce qui répendait encore plus le doute dans mon esprit. Cette femme représentait peut-être ma seule ouverture pour comprendre ce qu'il advenait de moi et pourquoi ces sauvages faméliques nous trainaient ainsi depuis des jours. Je me suis donc redressé lentement, et je rassemblai le reste du courage que j'avais encore pour braquer mon regard dans le sien, essayant de faire abstraction de mes jambes tremblotantes pour garder un semblant de fierté.

- Pourquoi ? Pourquoi les aidez-vous ? Pourquoi devez-vous absolument nous garder en vie ? Nous ne sommes plus que l'ombre de nous-même. Que nous..ARG !

Une de ces chiennes venait de me lancer une pierre dans l'estomac. La douleur me fit tomber à genou tandis que je sentais déjà le sang s'accumuler sous ma peau pour devenir ce qui allait être un gros hématome. Mon corps endoloris...trop faible...ne répomdait plus. J'avais beau vouloir me redresser pour toiser cette garce qui avait osée, je pouvais à peine redresser la tête.

Les autres prisonniers reculèrent dans un coin de la grotte, me laissant seul face à la femme aux cheveux blancs et aux moqueries des Khadjuis.
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Archibald

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 2 Mai - 16:53

Qu'il est brave ou plutôt stupide de s'adresser à cette femme qui semble vouloir nous aider. Pour ma part, je n'ose bouger aucune des parcelles de mon corps. J'en ai assez de me faire frapper, cracher au visage ou de me faire injurier. Que Démetriel, Dieu de Lumière et de guérison, nous vienne en aide! Mon compagnon d'arme se releva après un pénible effort. Nous entendîmes même un bruit de craquement. Le pauvre, il s'était sûrement cassé quelque chose.

Je me tourne en direction d'un mur pour ne pas voir ce qu'il va arriver. Mes yeux ne voient pas, mais mes oreilles entendent de terribles hurlements...
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 2 Mai - 17:44

La Khadjuï qui avait agressé le prisonnier essaya de récidiver. En voyant cela, la vielle femme se leva prestement et lui enserra le bras avec une force qu'on ne lui aurai pas soupçonné. Le geste libéra un pan de cape de son bras, laissant voir sa tunique faite pour voyager longtemps. Les manches courtes révélèrent un étrange tatou, juste en haut du coude. Un entrelacs, hypnotique, où on pouvait voir un lion et un taureau se confrontant, ou s'enlaçant, rien de certain. Peut-être même juste une illusion? Car déjà, les jeux de lumières lui rendirent son apparence anodine de simples lignes pèle-mêle.
La colère la faisait vibrer, sans pour autant lui enlever de l'assurance. La Khadjuï, effrayée par se contact physique essaya de s'en défaire frénétiquement. Les Khadjuïs émirent de cris de protestation terrifiés. La femme réussit à se libérer seulement lorsque la "vielle" le voulu bien.


-Ne vous avisez pas, gronda-t-elle à l'attention de tous les tortionnaires, de vous mettre entre eux et moi. J'ai une tâche, confiée par ceux la même à qui vous donnez votre dévouement. Laisser moi faire, ou ma présence parmi vous s'étirera tant que je n'aurai pas terminé.

À ces mots, les Khadjuïs se tinrent coi et reculèrent, sans vraiment quitter le groupe de prisonnier de vue. Il était évident que personne ne tenterait de mettre la vielle plus à bout de nerfs... pour l'instant du moins.
Elle se tourna vers le prisonnier qui s'était adressé à elle. Examinant son corps rapidement, ne décelant aucune blessure ouverte très grave, elle rapprocha son sac.
Le flacon qu'elle prit était complètement transparent, encore plus que l'eau la plus limpide.

Elle prit la tête du prisonnier étendu avec un peu plus de douceur qu'on s'y serait attendu. Elle lui chuchota sa réponse, très bas, alors que le sérum éclaircissait déjà lentement l'esprit de l'homme:


-Je ne les aide pas plus que toi. C'est ma peau à moi aussi que je dois sauver. Les guerriers me font bien moins peur qu'ils n'ont peur de moi. Mais j'ai moi aussi des comptes à rendre, à des plus forts que moi. La vie en Khadju est ardue pour les gens... pacifiques...

Ce dernier mot fut prononcer moins fort que le son d'un respire, tellement faible qu'elle-même doutait de l'avoir prononcé.

Elle remit le flacon vide dans son sac d'un geste légèrement las, s'apprêtant à prodiguer les mêmes soins aux autres prisonniers.


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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mar 3 Mai - 16:58

Je dois avouer que j'avais hésité à prendre le soi-disant sérum que nous offrait cette vieille femme. Était-elle venue pour nous empoisonner malgré ce qu'elle disait? Mais en regardant son visage de plus près, je crus déceler un esquisse de sourire bienveillant et rassurant. Le brave homme semblait toujours vivant après tout. Je n'avais rien à perdre de toute façon, j'avais déjà tout perdu. Jamais je ne reverrai mon petit garçon et ma femme. Je ne pourrai plus jamais travailler la pierre pour en faire de belles statues d'héros dédiées à la gloire passée de Gris-Val.

Le duc Nolenberg nous a abandonné, il n'a rien fait pour protéger les campagnes autour de Fort-Détroit. Les barons n'ont pas assez de financement pour créer des milices efficaces. Moi, un humble artisan tailleur de pierre, j'ai dû troquer mon pic et mon burin pour l'épée et le bouclier. Et ce n'est pas l'Intendance de Midi qui ferait quoi que ce soit pour nous.

Mon désespoir est grand, mais ce simple sourire furtif me redonna inexpliquablement espoir. Je finis par boire le sérum qu'elle me tendait. Sur le coup, la mixture ne semblait pas si mal, mais lorsqu'elle descendit tout le long de mon tube digestif, je pensais que j'allais mourir. Une sensation de brûlure et d'engelure tout à la fois. Puis, je sentis comme des aiguilles qui affectaient mon estomac. Lorsque la douleur s'apaisa, un arrière-goût de vin trop fermenté arriva à ma gorge. J'eus un haut-le-coeur, mais je réussis à contenir l'étrange breuvage dans mon corps.

Je me sens beaucoup mieux physiquement maintenant, mais cela veut dire que je devrai endurer plus longtemps encore les sévices que nous infligent quotidiennement nos tortionnaires avant ma mort certaine.

Quand la mystérieuse femme finit de distribuer ses potions, la tempête attendue se déclencha. Je ne sais pas si c'est en raison de l'air chargé d'humidité ou des effluves du mélange, mais quelques instants plus tard le sommeil m'emporta... L'entrée de mon atelier, mon beau petit garçon, ma jolie femme. J'avance vers eux, mais tout devient flou... Mon esprit reprend place, mais que se passe-t-il maintenant?
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Le Max

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mer 4 Mai - 0:29

Alors que la guériseuse m' administrait le sérum, je ne pouvais sortir de mon esprit ce murmurre à peine audible....«pacifiques»....Impossible ! Depuis toujours, les prédicateurs nous enseignaient que les Khadjuïs étaient des monstres assoifées de sang, encore pire que tous les autres barbarres extérieurs à la Nation. J'avais perdu mon père l'an dernier entre leurs mains et leurs alliés des Marais avaient incendiés mes champs alors que mes fils peinaient déjà à se nourrir. Ce n'était pas humain,c'était gratuit, inexplicable, monstrueux.

Et maintenant, cette femme me montrait une réalité que j'aurais préféré ignorer. Avaient-ils le choix ? C'est une horrible de chose de ne plus être certain de pouvoir haïr son ennemi, de commencer à ressentir de l'empathie pour des tueurs. Peut-être étais-je drogué par ce médicament, ce n'était peut-être qu'un délire, un mal en échange de la faim qui s'en allait. Je n'arrivais pas à dormir, tandis que mes partenaires de torture avaient succombés à l'appel du repos.

Voyant un petit ruiselement d'eau passer près de mon pied, je décidais de boire et de me nétoyer un peu. Je du enlever ma chemise souillée pour m'en servir comme éponge, dévoilant le lion couronné emblématique de ma famille, tatouage discret marquant mes origines nobles...depuis longtemps inutiles. Mourrir de faim en temps que baronnet reste toujours aussi horrible, la culpabilité en plus en voyant ses vassaux dans la même situation. Les miliciens qui m'accompagnaient n'avaient pas besoin de la fougue d'un nobliaux en quête de revenche. Encore une fois, je me voyais condamné pour mon emportement. Misère..Et voilà que je me retrouvais à me nettoyer en cachette dans un caverne obscure en fixant sans comprendre l'énigme qu'était cette femme d'âge mure.

Dormait-elle ? Aussitôt que je me surpris à penser qu'elle était peut-être enore éveillée, tourmentée comme moi, je ne pu me défaire de 'lenvie de lui parler. Et puis, à quoi bon avoir peur, qu'avais-je à perdre à essayer ? Le garde en service semblait cogner des clous prêt du feu.

- Psss...Êtes-vous endormie ? Madame ! J'ai beaucoup réfléchi...J'aimerais parler, discrètement. C'était un peu plus fort qu'un murmure, comme si j'avais secrètement espoir de la réveiller si elle était tout de même endormie. Le garde ne sembla pas réagir, hypnoitisé par les flammes.


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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mer 4 Mai - 9:09

La femme ouvrit les yeux à demi. L'éclat de son regard fit comprendre qu'elle ne dormait pas.

-Ne vous en fête pas, il ne nous entendra pas. Il suffit de ne pas bouger trop brusquement, ni parler trop fort. Vous êtes curieux, n'est-ce pas? Il y en a toujours un qui est plus fougueux que les autres...
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Le Max

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Jeu 5 Mai - 9:10

- Hum...Fougueux...Pfff Téméraire plutôt. J'ai la passion de Kaïna en moi, pour le meilleur et pour le pire. Pourtant, j'en ai assez de me battre. J'aimerais seulement comprendre, donner un sens à tout cela. Je crois que je ne pourrai connaître de plus triste destin que de mourir sans savoir dans quel but. Pourquoi faites-vous, je veux dire, votre peuple, pourquoi font-ils la guerre ainsi ? De mémoire, nous ne vous avons jamais attaqués...non ? Et pourquoi êtes-vous différente, qui êtes-vous ? Je déteste avoir à l'admettre, mais j'ai l'étrange sentiment que je partage peut-être plus avec vous qu'avec mes semblables.

Étrange conversation et étranges révélations que je m'avouais à moi même à mesure qu'elles sortaient de ma gorge. Je me rapprochais subtilement d'elle, à la limite des liens qui me gardaient prisonniers.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Jeu 5 Mai - 17:56

-Je crois... qu'il n'y a pas de raison à tout cela qui puisse t'aider à mieux accepter la situation. Cela... pourrait même être pire selon moi. Ce sont leurs croyances, leur nécessité, leur mode de vie, qui les poussent à cela. Une culture différente. Ils t'expliqueraient leur raisons, que tu pourrais trouver monstrueuses, et ils ne comprendraient pas ton raisonnement, comme tu ne comprendrais pas le leur. Ils ont sans doute peur de ce qu'ils ne comprennent pas.

Une pause, un temps de réflexion.

-S'il y a d'autres raisons qui les poussent à vous torturer ainsi en attendant le moment fatidique, je ne les connais pas. C'est mon peuple, oui, mais je n'évolue pas parmi eux. Depuis toujours, ma passion est ailleurs que dans les combats et les vains rituels. Je suis mon propre chemin, et quand j'en aurai assez des paysages de Khadju et que je n'aurai plus se feu dans le ventre, je partirai ou je mourrai.
En savoir plus sur moi serait dangereux pour nous deux.

Elle remua lentement pour se mettre plus confortable, jeta un coup d'œil au garde. Regarda les prisonniers et sembla tomber en un grave et profond dilemme


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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Jeu 5 Mai - 22:11

La vieille femme et l'homme le plus courageux du groupe semblaient se parler discrètement pendant que le garde tombait de fatigue. Pas étonnant, avec les chemins tortueux et impensables qu'ils nous ont fait parcourir en quelques jours. Pourquoi tiennent-ils tant à nous amener je ne sais où pour que la mort nous emporte de toute manière? Pourquoi ne nous ont-ils pas tués à Gris-Val pour que nos familles puissent nous y enterrer ou brûler dignement? Veulent-ils nous sacrifier à l'une de leur divinité?

J'avais les deux yeux grands ouverts par toutes ces réflexions futiles sur mon avenir désespéré quand la discussion entre les deux complices du moment se termina. Je remarquai de la confusion et de l'interrogation dans le regard du téméraire milicien. Puis, la vieille femme regarda le garde et se tourna vers moi et mes autres camarades d'infortunes. Elle semblait sur le point de se décider à faire quelque chose, mais quoi?

Au dehors, la tempête faisait toujours rage et les éclairs traversaient la nuit noire sans lune. Seul un petit feu timide éclairait la grotte humide où nous nous tenions. L'orage était autant une bénédiction que les remèdes et la présence de la dame puisque nous pouvions enfin nous reposer un peu après toutes ces épreuves puisque le chef avait décidé d'arrêter jusqu'à ce que la tempête se calme. Malheureusement, je savais que demain, lorsque l'apparente guérisseuse serait partie, nos geôliers s'en donneraient à coeur joie pour nous maltraiter pour compenser ce qu'ils nous auraient donné ce soir.

Tout à coup, des mouvements semblaient provenir de l'extérieur. Sûrement des éclaireurs de retour de leur ronde...
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Dim 8 Mai - 18:08

Trois Khadjuïs apparurent dans l'embrasure de la caverne. Ils portaient dans leurs bras le corps bleuatre d'un des leurs, mort. De grosses veines noires lui parcouraient le corps tandis qu'il paraissait couvert d'engelures.

La pluspart de membres de l'expétition furent réveillés par le hurlement qui poussa l'une des femmes qui était de garde avant de prendre dans ses bras le cadavre du défund..un proche probablemment. Toute la caverne sembla entrer en effervescence alors que les Khajuïs s'armaient de leurs épées d'obsidiennes et de leurs redoutables casse-têtes, près à en découdre. Quelque chose avait abattu l'un des leurs...et ils n'allaient pas laisser cette mort invengée.

La vieille femme semblait largement hésitante quelques instants avant l'arrivée de la patrouille. Dissimulé par le chaos ambiant, je profitais de la situation pour lancer à l'égard de cette ambivalante guérisseuse :

-Si vous croyez avoir déja perdu le feu, voilà maintenant l'occasion de faire votre sortie ! Détachée mes liens et je ferai mon possible pour qu'on se tire d'ici vivant...avec au passage des témoins qui pourrons dire à leurs voisins que Khadju n'est pas peuplée que de sauvage, mais aussi d'âme charitables ! Faites votre choix, maintenant !

Le tonnère gronda suite à ce dernier mots. La plupart des prisonniers étaient en train de se réveiller, anxieux de l'agitation qui reignait. C'était peut-être notre seule chance de mourrir libre...ou en essayant de l'être.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 9 Mai - 16:42

La dame trembla en entendant ces paroles.
Elle se leva et empoigna sont sac. Elle s'adressa rapidement à son interlocuteur alors que la tumulte faisait toujours rage à l'entrée de la grotte. Son ton était un peu affolé, elle semblait perdre toute sa contenance.


-Vous ne comprenez pas? Je n'ai rien fait pour vous. Vous êtes tous déjà mort. Vous ne connaissez pas ma vie. Vous ne pouvez pas me ressembler, car une quelconque similitude entre vous et moi vous aurait condamné au gibet il y a longtemps. Cela ne sert à rien d'essayer de me provoquer.

Elle jeta un regard nerveux vers l'entrée...

-Vous mourrez mangés vivants ou aux mains de leur maîtres sanguinaires. Si je vous aide à vous en sortir, ils vous tueront tous en vous pourchassant. Et moi avec. Vous n'êtes pas les premiers à passer devant mes yeux, et à chaque fois, c'est la même chose. J'ai essayé tous les chemins possibles, la bonté comme la cruauté. Rien n'a réussis à sauver les prisonniers, ni à m'apaiser. Ce sera sans moi.

Elle fit le tour de l'homme. Elle chuchota à son oreille, plus doucement que jamais.

-C'est mon épreuve. Chaque fois, je choisis, chaque fois j'échoue. Toute mon existence....
Vous, choisissez. Votre destin est entre vos mains

À ses mots, elle se pencha et rapidement, lui remit un mince silex tranchant dans la main droite, et un flacon terriblement noir et froid dans la main gauche

-Toujours vers le nord. Sinon, il y en a assez pour vous achever tous.

Elle se tourna ensuite vers l'entrée et s'apprêta à affronter les Khadjuïs et essayer de retourner à l'extérieur. Dans son élément, se dit-elle, où elle se sentira sans doute beaucoup plus à l'aise.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mar 10 Mai - 11:27

Pour le maître artisan, c'était clair, ce serait maintenant ou jamais. Ils devaient tous partir immédiatement ou mourir aux mains des Khadjuïs ou d'une créature plus puissante encore. Les blessures du cadavre n'était pas naturelles, qu'y avait-il donc à l'extérieur qui causait autant d'émotions et de tumultes dans les rangs de nos ennemis?

Le courageux milicien s'était fait donner un silex et un flacon. La femme était discrète, mais je compris quand même dans ses propos que le flacon était destiné à nous tuer si les khadjuïs réussisaient à nous rattraper. Si pourtant nous parvenions à passer l'entrée de la caverne.

La vieille dame avait enfin donné l'explication que j'attendais, nous étions destinés à être mangés par ces êtres cannibales! Il fallait donc partir et vite! L'homme au silex approcha de moi et avant même qu'il commence à parler, je lui pris son outil pour commencer à défaire mes liens. J'eus peur que nos gardiens ne nous aperçoivent, mais cette chose à l'extérieur prenait toute leur attention. L'homme nous demanda si nous étions prêts pour une évasion et de nous diriger vers le nord. Ma réponse fut rapide, mais aussi discrète qu'un murmure.

-Je te suivrai, frère de Gris-Val, puisses-tu me ramener chez moi pour que je retrouve ma femme et mon fils!
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Ven 13 Mai - 13:13

Avec la corde qui nous avait retenu si longtemps prisonnier, je me couvri les mains et les bras, une arme rudimentaire et une protection efficasse. Certains prisonniers firent de même, comprennant ma manoeuvre, tandis que celui qui leur avait coupé leurs liens gardait solidement en main l'éclat de silex, toujours tranchant.

Je gardais en main le liquide salvateur donnée par l'étrange femme, qui affrontait désormais le regard incertains de plusieurs guerriers sauvages qui protégeaient l'entrée. Nous devions passer...Je vis alors un chaudron en train de bouillir sur le feu, laissé abandonné dans le chaos ambiant. C'était notre chance d'ouvrir le passage.

Dans un rugissement désepéré, je m'élançais vers le chaudron tandis que plusieurs des anciens miliciens se battaient à bras raccourcis avec des Khadjuis éveillés en sursaut. Un des notres s'était même emparé d'une épée d'obsidienne avec laquelle il déchiquetait un ancien tortionnaire. Voyant que les gardes à l'entrée ne voulaient pas bouger, en armes et assez nombreux pour tenir la ligne, je pris de mes mains gantées de jutte le lourd pot de terre cuite et le jetais vers l'entrée de la grotte en chargeant.

L'eau bouillante fit des ravages sur la peau majoritairement nue des guerriers, faisant apparaître instantanément des cloques sur leurs corps ébouillantés. Tandis qu'ils se tordaient de douleur, je pris mes jambes à mon coup et sortis dans la tempête, suivit des survivants de notre groupe. J'eu même le temps de m'emparer d'un casse tête lâché par un des gardes. Au loins, les torches des Khajuïs éclairaient un étrange spectacle, un combat acharné contre des créatures humides et gonflées qui sortaient des marais. Un horrible spectacle qui faisait offiice de diversion parfaite, les Khajuïs se battant désormès pour leur vie plutôt que de nous pourchasser. Nous pouvions nous en tirer...si la pluie froide ne nous tuait pas avant...

En sortant, je fis un signe de tête reconnaissant à la vieille femme, qui s'échappaient elle-aussi, mais semblait prendre son propre chemin.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Ven 13 Mai - 19:31

Le meneur du groupe m'avait confié le silex et je m'en servis pour trancher les liens de mes compatriotes. Il dégageait de lui un aura de confiance que je ne voyais pas chez les autres prisonniers. Je me dis, à ce moment, que je suivrais cet homme jusqu'à la fin.

L'instant de notre libération était venu! Je suivis les autres au combat. Avec mon silex, je tailladai la gorge d'un de mes anciens gardiens. Un autre milicien prit l'épée de ce dernier et je le couvris du mieux que je pus. Malheureusement, il fut atteint par un casse tête et échappa son arme. Je me penchai pour le récupérer et j'évitai du même coup le destin funeste que le garde me réservait. Je soulevai l'épée et la pointai droit devant. Le liquide rougeâtre qui tâcha mon épée m'indiqua le résultat de mon action.

Nous étions maintenant dans l'impasse. Je vis alors le fougueux milicien empoigner la marmitte et la jeter sur nos ennemis. La voie était libre. Je bousculai un homme en proie à d'atroces souffrances à cause des brûlures et je pus suivre le meneur qui nous avait fait obtenir notre première victoire contre les Khajuïs. Je ne pus identifier les créatures qui s'attaquaient à nos anciens geôliers, mais j'étais satisfait de la diversion qu'elles nous créaient.

Nous étions une douzaine avant l'escarmouche permettant notre libération. Nous n'étions que huit après, dont deux blessés qui nous ralentiraient bientôt à coup sûr.

Le leader du groupe semblait savoir où il allait malgré la tempête et cette nuit bien sombre. J'avais décidé de lui faire confiance coûte que coûte, alors j'empoignai plus fermement ma lame d'obsidienne et je me mis en route en joggant pour suivre la candence.

Quelques minutes de cette course effrénée nous enleva le peu de forces que les concoctions de la vieille dame nous avait données. Ou peut-être était-ce à cause des combats? Quoiqu'il en soit, nous continuâmes de marcher encore un peu pour mettre le plus possible de distance avec la grotte. Puis, je sentis comme une présence, quelqu'un nous avait-il suivi?
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Jeu 19 Mai - 20:16

Une silhouette se découpa dans la pénombre de la tempête.
Elle avançait lentement, sans chercher à se cacher. Encore quelque pas et elle devint plus familière. C'était la dame qui les avait aidé.
Quand elle arriva à leur hauteur, elle ne ralenti pas, mais s'arrêta net juste avant de les dépasser. Elle se retourna sèchement.
Elle avait retrouvé sa contenance, mais une nouvelle lueur brillait dans ses yeux, reflétée par l'eau qui se déversait de ses cheveux sur son visage, soulignant sont regard troublant et décidé. ...


-Vous êtes mieux de continuer, bien que vous soyez exténués.
Les Khadjuïs ne vous abandonneront pas de si tôt, et ces étranges monstres non plus. Mieux vaut mourir à bout d'énergie qu'au mains de l'un ou l'autre de ces ennemis. En continuant tout droit dans cette direction, vous trouverez une cache où il y aura, avec un peu de chance, des vivres comestibles.
Quant à moi...
Elle fit un geste pour repartir de son pas décidé, mais elle sembla hésiter brusquement.
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Archibald

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mar 24 Mai - 17:24

Mes sens ne m'avaient pas trompé, quelqu'un nous suivait bel et bien. J'étais sur le qui-vive, l'épée serrée dans les mains, lorsque j'aperçus la silhouette venir dans notre direction. Mes muscles étaient prêts pour tenter d'abattre quiconque voudrait nous empêcher de continuer notre route vers nos foyers. Je me détendis d'un coup quand je compris que cette ombre était nulle autre que la vieille guérisseuse qui avait permis notre évasion. Je gardais quand même une main sur mon arme au cas où.

Comment avait-elle fait pout nous rattraper si vite? Pourtant, nous avions avancé très vite un bon moment... Il faut avouer que nos deux blessés ne pouvaient que nous ralentir. Il faudrait prendre un temps pour les guérir ou les abandonner à leur funeste sort. Peut-être que la dame pourrait s'en occuper?

Pourquoi était-elle revenue au fait? Si elle nous aidait encore plus, ses congénères commenceraient à la soupçonner et la tueraient elle aussi. Si elle avait déjà tenté d'aider un autre groupe auparavant et qu'elle avait échoué, pourquoi serait-ce différent avec nous?

Elle parla d'une cache non loin d'ici et que nous devrions nous dépêcher. Facile à dire! Elle s'arrêta et sembla perdue dans ses pensées quelques instants. Je ne pris pas la peine d'attendre le résultat de ses intérrogations intérieures. Je pris le bras d'un des blessés et je tentai du mieux que je le pus pour l'aider à avancer.

Le misérable groupe boittillant, se lamentant et trébuchant réussit à suivre malgré tout la cadence du meneur décidé à mettre le plus de distance possible de nos anciens gardiens. La vielle femme n'était plus en vue, peut-être était-elle en train de camoufler nos pas et d'offrir de fausses pistes à nos éventuels poursuivants.

C'est après une heure de marche sous la pluie pendant cette nuit noire sans espoir que nous vîmes une petite cabane en bois envahie par la végétation. Nous atteignîmes la porte tant bien que mal et lorsque le courageux milicien tenta de la pousser, une voix s'éleva...

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Le Max

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mar 24 Mai - 18:47

Fatigué, abattu, je trainais de la patte plus que je marchais pendant les derniers kilomètres de notre fuite éperdue à travers la nature hostile et tempétueuse de cette nuit d'orage. La vieille guérisseuse nous avait ratrappée avec aise, mais semblait toujours étirée par un conflit intérieur très lourd à porté. Voyant que l'un des miliciens voulait reprendre la marche à la lumière des nouvelles informations portées par notre salvatrice, je m'approchais lentement de celle qui restait une fois de plus figée dans ses pensées, pour tenter une dernière fois de lui faire entendre raison, de lui demander de nous suivre, hurlant dans le tumulte du vent et de la pluie.

- Ne jouez pas les martyres ! Sacrifier votre vie ne servira à rien ! Nous sommes ici en terrain inconnu, des étrangers perdus loin de chez eux. Accompagnez-nous ! Nous avons besoins de vous, mais pas comme d'un corps froid sur les rochers !

La colonne de fugitif s'éloignait déjà...je devais faire vite pour ne pas m'écarter.

- Retrouvez nous à cette cache si vous avez encore une étincelle de vie. Personne ici n'oubliera votre aide en ces heures d'espoir !

Il me fallait repartir. Les autres prenaient trop d'avance. Je laissais donc la femme immobile , éclairée sporadiquement par les éclairs dans l'obscurité la plus totale. En poussant mes jambes à bout, je réussi à rejoindre les autres, serrant comme si ma vie en dépendait mon vulgaire casse-tête en scrutant anxieusement les ténébres qui nous entouraient.

** Ils nous suivent...Je les sens approcher...Les monstres...**

Je disais souvent à ma femme, lorsque les temps durs arrivaient à l'aube de la saison morte, que le vrai courage n'était pas l'absence de peurs, mais la force d'affronter celles qui nous font face. Aujourd'hui...j'étais certain que le courage n'était pas une chose plaisante à ressentir, mais plutôt un acte contre-nature. Mon instinct me disait de me jeter en bas des rochers et d'attendre la mort, si facile, si simple, mais j'étais en partie responsable de ces hommes. Je devais vivre, malgré la souffrance et le froid qui m'envahissait.

Nous sommes finalement arrivés à un abri somaire, peut-être la cache dont parlait le vieille femme. Lorsque je pris les devant pour ouvrir la porte moisie, une voix tremblotante s'éleva du fond du cabanon.

- Si vous pâssez c'te porte là, j'vous preuvient, vous âllez finir embrôchés sul boute d'un pieu, c'est moé qui vous l'dit !

Le ton se faisait menaçant, mais à entendre la voix, ce devait être un vieillard rabougris. Et l'accent....mon oreille ne pouvait pas me tromper...c'était le patois des Marais. Nous étions dans les Marais d'Urmed, probablement en bordure de Karnak à voir le sol plus rocailleux que boueux. Nous étions peut-être moins près de Khadju que je le présumais...
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Jeu 26 Mai - 23:30

Après plusieurs minutes de marches forcées, nous étions enfin rendus à la cache indiquée par la vieille khadjuïs. Mais, il y avait un petit problème, un homme nous menaçait de nous embrocher si nous tentions de rentrer.

Le blessé, que j'avais plus transporté qu'autre chose, était sur le point de s'évanouir. Son teint blanchâtre ne laissait présager rien de bon. Quant à l'autre blessé, un autre milicien avait réussi à stabiliser sa blessure au bras à l'aide d'un bandage de fortune. Bien que son état semblât stable, je sentais ses forces vives le quitter peu à peu. Nous aurions à déplorer deux pertes cette nuit à moins d'un miracle. Et ce vieux fossile qui n'arrangeait rien. Nous étions frigorifiés et trempés jusqu'aux os. Le déplacement de nos muscles lors de notre escapade dans ces territoires à la fois escarpés et semi-marécageux n'avait en rien amélioré notre chaleur corporelle. Nous risquions tous l'hypothermie.

Je ne pouvais tolérer que ce vieillard nous empêche ainsi de nous reposer afin de reprendre des forces et de nous occuper de nos blessés. D'une voix forte et assurée quoique quelque peu enrouée par l'épuisement, je semonçai le vieil homme de nous ouvrir dans les plus brefs délais.

-Laissez-nous rentrer corniaud ou des hommes vont mourir à votre porte. Vous n'aurez que vous à blâmer pour ce qui reste de vos jours.

-Crénon! c'que vous m'râcontez là? Vous êtes qui? La grande faucheuse pour m'parler d'morts d'même!

-Seulement quelques bonshommes en quête d'un toit pour survivre à la nuit, dis-je d'un ton implorant.

-Dans c'cas-là, c'est différent, rentrez donc, nom d'un pti-bonhomme!, s'exclama le vieil ermite en ouvrant à-demi la vieille porte grinçante.

Je vis un vieux fossile édenté passer la tête par l'entrebâillement. Il souriait malgré les circonstances qui ne s'y prêtaient pas vraiment. Il ouvrit un peu plus la porte et nous pouvions appercevoir un feu crépitant dans un foyer rudimentaire. Il se tassa un peu, tenant un tisonnier dans la main, pour que nous puissions finalement passer...
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Ven 27 Mai - 14:41

Un grand cri survint, effrayant à en glacer les sangs. D'autant plus qu'il était plutôt près de la petite cabane isolée...

Avant que quiconque n'ait pu se remettre de sa stupeur, la vielle femme refit encore une foi son entrée, avec un grand bâton qui avait sans doute servie à sa défense. Cette fois par contre, elle semblait en mauvais état.

Elle s’effondra derrière le groupe, au pied de l'homme avec qui elle avait eu une grande discussion. Sa cape était en lambeau, de son grand sac il ne restait plus que la bretelle. Du sang coulait abondamment le long de ses bras et son visage était blanc et figé dans une expression incompréhensible de peur et d’extase.

Elle saisit la main de l'homme et jeta un regard perdu en direction de sa tête, ne semblant même pas distinguer son visage.
Elle dit d'une voie enrouée:


-Oh Kaïna! Entrez ou courez, mais soyez prêts à passer une nuit si proche de la mort.....

Elle ne pu finir d’énoncer son mauvais présage, elle fut interrompue par une toux violente et profonde
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Le Max

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Lun 30 Mai - 18:02

Épris d'une peur sans nom face à l'expression incompréhensive de la femme ensanglantée, je la saisis brutalement par le bras pour la jeter à l'intérieur, fermant frénétiquement la porte derrière moi avant de m'y adosser, à bout de souffle...

Les monstres nous pourchassaient...Ou était-ce nos chasseurs ? Comment une femme si confiante et sévère pouvait-elle avoir l'air aussi...aussi folle. Ce sourire fou, crispé sur un visage terrorisé. Qu'elle horreur avait-elle pu vivre depuis notre dernière rencontre pour se retrouver ici en lambeau et au bord de la catatonie.


- Hey ! Toi ! Le vieux ! Sort de quoi penser ses plaies ! Tu vois pas qu'elle se vide, BORDEL !? On va rester calme tout le monde...On va rester calme...On va rester calme...

J'entendis alors un grincement lugubre. Le vent sur le cabanon, une branche dans la forêt ou une créature surnaturelle prêtre à nos anéantir ? Je sentais la panique s'emparer de moi alors que tous me regardaient comme si j'étais Démitriel en personne venu pour les sauver. C'étais trop de pression...je n'étais qu'un homme, un nobliaux anémique sur le bord de la perte de conscience qui luttait pour ne pas pisser dans ses pantalons tellement il avait peur.

Un homme me toucha l'épaule. Je le poussai violament vers l'arrière, plus par réflexe que par agressivité. Étrangement, son regard d'incompréhension, inocent et dou, me fit l'effet d'une douche froide, me redonnant subitement le contrôle de mes émotions.

- Il va falloir qu'on réduise le feu et qu'on ferme tous nos clapets pour cette nuit. Cette cabane est plutôt bien cachée...rendons là indédectable dans la nuit et restons silencieux. Il va fallloir qu'on se presse les uns contres les autres pour garder nos forces...Et manger un peu si possible...

Je jetais un regard au vieillard en prononçant ses derniers mots. Je ne voulais pas avoir l'air de lui imposer de nous aider, mais ma main serrée sur le manche du gourdin était un peu plus claire sur la vérité derrière cette demande polie : il n'avait pas le choix.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mer 1 Juin - 20:50

L'apparition de notre vieille compagne m'avait quelque peu décontenancé. En plus, elle ne semblait pas aussi d'aplomb que précédement. Il ne manquait qu'une autre loque humaine de plus pour compléter le tableau...

Le fougueux milicien repoussa l'un de nos compatriotes et quelques instants plus tard, il était sorti de sa torpeur. Il redevenait le chef des opérations. Ses ordres avaient force de lois et ils furent exécutés sur-le-champs par ceux qui étaient encore en état. Pour ma part, je m'approchai du vieil homme pendant qu'il était occupé à regarder le donneur d'ordres. Il balbutia sa réponse.

-Fffaaaaîtes comme che vous tant qu'à y être,... si des créâtures arrivent pour nous éventrer,... vaut p-têtre ben mieux se défendre ensemble,... se serrer les coudes quoi!

Je m'emparrai donc du tisonnier sans que le vieux débris ne conteste et je me dirigeai rapidement vers le foyer pour faire diminuer l'intensité des flammes.

La porte fut fermée solidement et deux des miliciens approchèrent la table pour encombrer l'entrée. Le vieil ermite se dirigea vers un placard et en sortit de la viande séchée et quelques tranches de pain rassis. Pour des êtres affamés comme nous, c'était une vraie bénédiction.

Nous nous sustentâmes donc de ce festin de fortune et nous nous serrâmes les uns contre les autres, comme le dirigeant du groupe l'avait conseillé, les mains empoignant nos armes jusqu'à en rendre blanches nos jointures. Les trois blessés n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes. La vieille kadjuïs avait cessé de tousser depuis un moment et sa tête dodelinait étrangement. Quant aux deux autres blessés, ils étaient inconscients ou tout simplement profondément endormis, personne ne pouvait le garantir.

Un orage tonna dans cette nuit qui ne finissait plus et puis plus rien, plus aucun bruit. On aurait pu jurer que l'extérieur de la fragile cabane n'était que néant. Quand soudain, des bruits terrifiants retentirent un peu trop proche aux goûts des réfugiés...

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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Mer 8 Juin - 15:13

Les bruits retentissant à l'extérieur semblaient parfois cadencés, parfois chaotiques.

Cela réveilla la femme. Elle se releva discrètement et ne dit rien. Elle déchirait silencieusement les quelques pans de ses vêtements restés propres pour se faire des bandages.
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MessageSujet: Re: La route vers Cuotémoc   Dim 19 Juin - 22:42

La vieille dame se soigna du mieux quelle pu avec ses bandages. Personne n'avait osé l'approcher, peut-être en raison de ses affiliations avec les khadjuïs.

Les bruits se rapprochaient maintenant de la porte . La vieille cabane semblait danser sous les coups portés par les créatures qui voulaient nous retrouver. Lorsqu'un puissant coup fut assené sur la porte, celle-ci vola en éclats. Seule la table constituait un obstacle entre notre groupe et les assaillants. Je me levai et préparai mon arme pour ce qui semblait être la dernière nuit de ma vie...
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